l’exposition Les couleurs de l’Inde à Pointe-à-Callière, musée d’archéologie et d’histoire de Montréal
 |
Montréal, 35 degrés, des poussières et des couleurs. L’ascenseur s’ouvre devant moi : c’est l’Inde qui m’accueille. Je n’ai pas bravé le froid pour rejoindre le musée Pointe-à-Callières, je n’ai pas les pieds mouillés en visitant l’expo. Devant moi, c’est juste l’Inde. Soufflé par son voile délicat, ses manières exotiques, sa prestance collective.
Je m’y lance solo.
Entre les lignes
Au moment où j’écris sur l’exposition Les couleurs de l’Inde, je tourne la 872e page du livre Shantaram. Le genre de bouquin qui vous marque de son empreinte, dont on aimerait que l’essence ne nous échappe jamais. Shantaram, c’est l’Inde dans ce qu’elle a de plus humain, de plus tragique. Et je lis. Et j’ai honte de ne pas en savoir plus sur ses couleurs et ceux qui lui en donnent l’éclat.
Je plonge donc dans Les couleurs de l’Inde, avec espoir que l’exposition ajoute sa propre touche à cette fresque qui prend forme dans ma tête. J’y vais seule aussi. Ma quête a quelque chose de curieusement spirituel. Je m’en étonne moi-même.
Des photos et des hommes
l’exposition Les couleurs de l’Inde à Pointe-à-Callière, musée d’archéologie et d’histoire de Montréal
 |
Propre, l’exposition présente, entre autres, une cinquantaine d’images saisies par Suzanne Held. Des clichés profondément humains, dans une exposition qui gagnerait pourtant à l’être davantage. J’y ai croisé les regards francs, les broderies fines. J’y ai aperçu ce geste délicat qui fascine, cette promiscuité pleine de vie. J’en voulais plus. Heureusement, Philippe, le guide-qui-sait-des-choses, a ajouté l’anecdote, le vécu, le coup de brosse qui manquait pour se faire une idée.
Parce que se faire une idée de l’Inde, c’est difficile, mais fascinant. Noté au hasard des panneaux, on parle ici de 1,2 milliard d’habitants, de 330 millions de formes divines actives, de 4 religions principales, de 15 dialectes et plus… On est loin d’Indiana Jones et le temple maudit.
Au final, on se régale des photographies, on se jure qu’on devrait avoir plus de couleur dans sa garde-robe et on a une envie soudaine de commander un thali dans un restaurant indien de la rue Jean-Talon. On a l’impression d’avoir seulement effleuré ce qui fait l’essence même de l’Inde.
Et j’ai repris la Main, le cœur de Montréal, pour remonter vers le nord à travers l’Asie, le Portugal, l’Italie…
|